Que du beau monde !
Étaient au RDV parfaitement huilés ce soir là dans ma cuisine pour passer sous le gril : les carottes, l’ail en chemise, les pommes de terre tout juste sorties du panier bio, de timides petits navets et de la courge butternut galvanisée par sa récente notoriété. Secondé par l’oignon rouge et les herbes aromatiques toutes fraîches, Mister Chorizo a très vite donné le ton de la soirée en faisant chauffer tout ce petit monde avant la montée en température…
Pour 6 personnes
Coût : 1,47 euro par personne
Ingrédients
- 6 pommes de terre moyennes à chair fermes (Charlotte, Roseval…) : 1,20 euros
- 1 gros oignon rouge : 40 centimes
- 6 carottes : 60 centimes
- 6 gousses d’ail : 15 centimes
- 3 navets : 90 centimes
- 1 courge butternut moyenne : 3,60 euros
- 1 CC de miel
- 2 CS d’huile d’olive
- 1 CS de vinaigre balsamique
- 1 beau morceau de chorizo fort : 1,20 euro
- Coriandre et / ou cerfeuil : 80 centimes
- Sel, poivre, 5 baies
Préparation
Préchauffez votre four à 200°C. Sortez le lèche-frites [vous savez, sinon, on l'oublie et il est brûlant au moment où on en a besoin...]. Épluchez vos légumes. Passez-les sous un filet d’eau si besoin est. Essuyez-les soigneusement. Coupez-les sur le lèche-frites. Enrobez-les d’huile d’olive, miel et vinaigre, sel (en petite quantité, le chorizo étant salé) et poivre. Mélangez bien. Coupez le chorizo en petits morceaux que vous ajoutez aux légumes. Parsemez d’herbes aromatiques et enfournez pour une trentaine de minutes. Mélangez à mi-cuisson.
« Le légume le plus modeste ramasse en lui l’aventure du monde…»
Citation extraite de la Fabuleuse histoire des légumes, par Evelyne Bloch-Dano chez Grasset
[La photo n'est pas de saison]
Le jeudi est le jour choisi par les jardins de Marcoussis pour livrer les paniers de légumes aux adhérents. Chaque semaine donc, mon Homme récupère les précieuses racines et autres végétaux colorés pas très loin de la maison. Dès son retour, je m’empresse de découvrir le contenu. A chaque fois, j’ai l’impression qu’on me raconte une nouvelle histoire. A chaque fois, je me demande pourquoi ont-ils choisi de cultiver cette variété plutôt qu’une autre, comment je vais cuisiner tel spécimen… Je hume, j’imagine et je concocte mes petites recettes. Si l’inspiration me manque, pas de panique, un document explicatif et pédagogique, rédigé par les jardiniers, accompagne toujours le panier. Il y a quinze jours, il traitait de la conservation des fruits et légumes…
Conserver des légumes ? Facile pour ceux qui ne se posent pas la question de la délicate préservation des vitamines et des minéraux. Plus compliqué en revanche pour ceux qui mangent des légumes par goût, certes, mais aussi pour faire du bien à leur corps. Pour ces derniers, la règle d’or devrait donc être « aussitôt achetés, aussitôt consommés» ! Car le légume est un grand sensible… sensible à la chaleur, à la lumière, et plus basiquement à l’air libre…
Il fut un temps où les légumes rapportés du marché par nos grands-mères étaient plein de terre [quoique la mienne avait un grand et beau jardin avec un cerisier immense en plein milieu]… Bref, ces dernières les conservaient à la cave dans un garde manger à l’abri de la lumière et de la chaleur. Voici d’ailleurs ce que les jardiniers ont pris soin de mentionner sur la feuille de chou [c'est le titre du document qui accompagne le panier] : « Nous entendons et comprenons qu’il n’est pas agréable de voir dans vos paniers des légumes chargés de terre et nous faisons attention à en retirer la plus grande partie, mais dans un souci de conservation principalement, nous avons fait le choix de ne pas briquer les carottes, pommes de terre, poireaux et betteraves afin de préserver les vitamines et les antioxydants en surface, la terre faisant office de conservateur et anti germinatif naturel» .
J’irai encore plus loin. Un légume lavé voit sa durée de conservation réduite car le lavage augmente la porosité de la peau et le rend donc plus fragile. Olivier Etcheverria, géographe de l’alimentation, que j’ai interviewé il y a quelques temps déjà au sujet de la pomme de terre, m’expliquait que le fait de laver à grande eau les légumes tout juste sortis de terre avant de les vendre est une négation de la matérialité même du légume et de son milieu d’origine naturel. Dans le lavage réside, selon lui, tout le paradoxe de la société contemporaine industrialisée qui souhaite ardemment un retour aux aliments authentiques et qui, dans le même temps, rejette les signes matériels de ce retour à la nature…
Et vous, c’est avec ou sans terre ?
Voilà. J’y suis. Nous sommes allés récupérer notre premier panier vendredi. Je ne pourrai plus dire, « c’est pas évident de cuisiner des légumes cultivés localement.» Pour l’heure, nous avons opté pour la formule du petit format. A l’usage, je verrai si cela nous suffit ou non. Les légumes sont présentés dans un sac en papier brun. Premières impressions au moment du déballage. Les légumes ont été lavés ! Et moi, qui m’attendais à retrouver un petit peu de terre… Certaines tomates sont très mûres et seront cuisinées le soir même. Une odeur très agréable de poivron et de soleil se dégagent du sac. En tout et pour tout, quatre variétés de légumes donc : les tomates, l’aubergine ronde, les poivrons allongés et un concombre le généreux. A première vue, ça parait peu, mais l’ensemble est cohérent, même si je ne suis pas décidée à les cuisiner en ratatouille. Je trouve que quelques herbes aromatiques -j’y reviens- auraient parfait le tout, mais dans l’ensemble je suis plutôt satisfaite.
Combien ça coûte ? 8,24 euros pour ces légumes issus de l’agriculture biologique et cultivés par des hommes et des femmes pour qui ce travail est une nécessité. Les Potagers de Marcoussis constituent une véritable aventure humaine, liant un objectif social d’insertion d’hommes et de femmes à une activité concrète : le maraîchage. Le travail de la terre, la production de légumes biologiques sont des gestes authentiques et ancestraux qui permettent aux exclus de la formation et du système économique de reprendre pied. C’est aussi l’occasion de développer une solidarité territoriale réelle, une sorte de troc « Vous avez besoin de légumes, Ils, Elles ont besoin de travail… » palpable par l’adhérent-consommateur comme par la personne en insertion.
Si cela vous tente, sachez que les potagers de Marcoussis font partie du réseau Cocagne qui existe dans de nombreuses régions de France. Je ne manquerai pas de vous tenir régulièrement informés du contenu de mon panier, des découvertes comme des déconvenues
De retour de Haute-Savoie, je vous présente mon panier de légumes pour la semaine. Il contient une scarole, des radis noirs, des radis roses d’hiver, un concombre (le Généreux, c’est son nom), des courgettes, des tomates (Cornu des Andes et Roma), ainsi que deux pots de confitures (prunes et groseilles). Quelle chance d’avoir des parents qui cultivent un potager ! Mais enfin, c’est tout de même à plus de 600 kilomètres. Comme je vous le disais ici même, j’aimerais pouvoir consommer une production locale de légumes. Pas facile, facile, mais je pense avoir trouvé.
Il ne s’agit pas d’une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP), même si le principe de culture, lui, est identique. Le Potager de Marcoussis, puisque c’est son nom, a pour objectif de permettre l’insertion de personnes en grandes difficultés sociale et professionnelle par la mise en place d’un chantier permanent de maraîchage biologique. Les légumes produits tout au long de l’année sont distribués sous forme de paniers hebdomadaires. Leur contenu varie bien évidemment selon les saisons et les récoltes. Coût de l’opération, adhésion comprise : 8,24 euros par semaine pour un petit panier. Et 14,75 euros pour un panier plus fourni.
Le 24 août, le panier simple contenait 1 pochon de tomates, 1 pochon de carottes, 1 botte de navets et le panier double 1 pochon de carottes, 2 pochons de tomates, 1 botte de navets, courgettes, aubergines, basilic. La semaine précédente : pommes de terre, fraises, poivrons, tomates, fèves, et chou. Il me reste encore une question à régler avant d’envoyer mon bulletin d’adhésion : panier simple ou panier double ? J’hésite…