[La photo n'est pas de saison]
Le jeudi est le jour choisi par les jardins de Marcoussis pour livrer les paniers de légumes aux adhérents. Chaque semaine donc, mon Homme récupère les précieuses racines et autres végétaux colorés pas très loin de la maison. Dès son retour, je m’empresse de découvrir le contenu. A chaque fois, j’ai l’impression qu’on me raconte une nouvelle histoire. A chaque fois, je me demande pourquoi ont-ils choisi de cultiver cette variété plutôt qu’une autre, comment je vais cuisiner tel spécimen… Je hume, j’imagine et je concocte mes petites recettes. Si l’inspiration me manque, pas de panique, un document explicatif et pédagogique, rédigé par les jardiniers, accompagne toujours le panier. Il y a quinze jours, il traitait de la conservation des fruits et légumes…
Conserver des légumes ? Facile pour ceux qui ne se posent pas la question de la délicate préservation des vitamines et des minéraux. Plus compliqué en revanche pour ceux qui mangent des légumes par goût, certes, mais aussi pour faire du bien à leur corps. Pour ces derniers, la règle d’or devrait donc être « aussitôt achetés, aussitôt consommés» ! Car le légume est un grand sensible… sensible à la chaleur, à la lumière, et plus basiquement à l’air libre…
Il fut un temps où les légumes rapportés du marché par nos grands-mères étaient plein de terre [quoique la mienne avait un grand et beau jardin avec un cerisier immense en plein milieu]… Bref, ces dernières les conservaient à la cave dans un garde manger à l’abri de la lumière et de la chaleur. Voici d’ailleurs ce que les jardiniers ont pris soin de mentionner sur la feuille de chou [c'est le titre du document qui accompagne le panier] : « Nous entendons et comprenons qu’il n’est pas agréable de voir dans vos paniers des légumes chargés de terre et nous faisons attention à en retirer la plus grande partie, mais dans un souci de conservation principalement, nous avons fait le choix de ne pas briquer les carottes, pommes de terre, poireaux et betteraves afin de préserver les vitamines et les antioxydants en surface, la terre faisant office de conservateur et anti germinatif naturel» .
J’irai encore plus loin. Un légume lavé voit sa durée de conservation réduite car le lavage augmente la porosité de la peau et le rend donc plus fragile. Olivier Etcheverria, géographe de l’alimentation, que j’ai interviewé il y a quelques temps déjà au sujet de la pomme de terre, m’expliquait que le fait de laver à grande eau les légumes tout juste sortis de terre avant de les vendre est une négation de la matérialité même du légume et de son milieu d’origine naturel. Dans le lavage réside, selon lui, tout le paradoxe de la société contemporaine industrialisée qui souhaite ardemment un retour aux aliments authentiques et qui, dans le même temps, rejette les signes matériels de ce retour à la nature…
Et vous, c’est avec ou sans terre ?
Le 6 janvier 2010 à 9 h 25 min
Je consomme les plus fragile avant les autres et je les lave, râpe… qu’au dernier moment. Sinon dans le bac du réfrigérateur… Aller prendre dans le jardin si seulement c’était possible
Le 6 janvier 2010 à 10 h 29 min
@Karen : il paraît que les urbanistes qui planchent sur la ville de demain prévoient des carrés de terre pour réintégrer le végétal au coeur de la vie citadine…Tous les espoirs sont permis !
Le 6 janvier 2010 à 16 h 31 min
Voilà un très joli blog, entre bonnes adresses, commentaires intéressants et belles photos… Ni une ni deux et déjà dans mes favoris… et encore plus quelqu’un qui aime Annecy ma ville d’origine
Le 6 janvier 2010 à 19 h 28 min
@Julie : entre gens de la montagne, on se comprend
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